Le combat contre l’obsolescence programmée des smartphones

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Terme très connu du grand public, l’obsolescence programmée des smartphones désigne l’ensemble des méthodes permettant de réduire la durée d’utilisation ou de vie de ces produits phares de la société de surconsommation. Elle s’applique de plusieurs façons à ces appareils. Ainsi par exemple, les constructeurs de ces téléphones dernière génération diminuent l’attractivité de leurs différents modèles en proposant de nouveaux plus sophistiqués à un rythme accéléré. Les fabricants peuvent également proposer aux consommateurs des mises à jour non compatibles avec les versions précédentes. Il s’agit dans ce cas d’une obsolescence esthétique et logicielle. Mais pas seulement. On peut avoir en outre une obsolescence technique avec des smartphones quasi impossibles à démonter ou ayant des pièces de rechange difficiles à trouver sur le marché. Bref, c’est une stratégie bien ficelée des grandes marques pour augmenter le taux de remplacement de leurs appareils. Et c’est cette supercherie que veulent combattre certaines associations de consommateurs à l’origine de la lutte contre l’obsolescence programmée des smartphones.

L’obsolescence programmée des smartphones : de nombreux effets néfastes
Les fabricants de smartphones mettent au point dans leur grande majorité des produits qu’il est quasi impossible de les réparer. Pour empêcher tout simplement leur réparation, l’électronique de leurs appareils mis sur le marché est verrouillée en soudant par exemple les composants. Avec ces barrières techniques, les utilisateurs n’ont d’autres choix que de songer à l’achat d’un nouveau produit. Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie ( l’Adem ), c’est seulement 44% des appareils en panne qui font l’objet d’une réparation. Ce qui signifie que les 56% restants sont rejetés dans la nature avec toutes les conséquences qui peuvent en découler. Cette tendance est confirmée par les chiffres publiés par Programme des Nations Unies pour l’environnement. Pour dette institution onusienne, les téléphones portables du marché ont une durée de vie ne dépassant pas les 20 mois alors que ce sont des produits conçus pour être utilisés sur une période moyenne de 4 ans. Les conséquences sur l’environnement de toutes ces manœuvres consuméristes sont très négatives. Pollution, destruction de paysages, production de déchets radioactifs constituent les ingrédients de cette course effrénée des grandes marques pour l’extraction et la transformation des ressources indispensables pour faire fonctionner les smartphones. Comme on peut le voir, l’obsolescence programmée de ces produits n’arrange en rien les consommateurs. C’est ce qui justifie tout l’intérêt de cette lutte engagée par ces associations à travers le monde.

Les États-Unis : berceau du combat contre cette pratique

Ce sont les consommateurs qui ont décidé de prendre les devant pour faire reculer les fabricants de smartphones. Et pour faire bouger les lignes, ils proclament un droit à la réparation pour tous. C’est ce combat que mène aux États-Unis les membres de l’association Repair avec à leur tête Gay Gordon-Byrne, le directeur exécutif. Pour lui, les utilisateurs qui rencontrent des problèmes sur leurs appareils ne savent pas dans leur grande majorité que la faute incombe aux constructeurs. C’est pour cette raison que Gay Gordon-Byrne et sa communauté font pression sur les élus depuis 3 ans afin d’amener ces derniers à légiférer. Cette association n’est pas seule dans ce combat contre ces pratiques consuméristes aux conséquences désastreuses. Il y a d’autres acteurs tels que le site iFixit qui forme les membres de sa communauté à remettre eux-mêmes en état leurs téléphones. Pour ces militants qui sont près de 22 000 à travers le monde, ce combat a un intérêt écologique dans la mesure où il faut absolument éviter le gaspillage des ressources. De plus, c’est également une question d’économie car les réparateurs professionnels fréquemment combattu par les marques doivent vivre de leurs activités.

La France pas en reste de cette lutte contre l’obsolescence programmée des smartphones

Les consommateurs français ne sont pas en reste de cette lutte contre ce fléau qui prend de l’ampleur au fil des années. Votée en juin 2015, la loi sur la transition énergétique devrait faire évoluer les choses dans le bon sens aux dires de la fondatrice de l’association Halte à l’Obsolescence Programmée, Laëtitia Vasseur. Pour elle, les informations relatives aux pièces détachées devraient facilement obtenues par les utilisateurs en vue de la réparation de leurs appareils avec le vote de cette loi. Mais les lignes bougent à petits pas puisqu’avec la reformulation du décret d’application, seuls les constructeurs proposant ces pièces détachées peuvent fournir ces renseignements. Or dans la pratique, une telle information n’est pas donnée par plus de 80% des grands fabricants. Pour Laëtitia Vasseur, c’est à l’État de faire respecter la loi. L’enjeu de ce combat est de parvenir à une législation plus favorable aux consommateurs.

En Hexagone comme dans les autres pays à travers le monde, la mise en place d’un cadre légal approprié avance à petits pas car combattue par les lobbies des industriels. Et en attendant que les élus légifèrent, d’autres solutions permettant d’augmenter la durée de vie et d’utilisation des smartphones sont proposées. Les résultats des efforts entrepris restent cependant mitigés. On peut donc dire que la lutte contre l’obsolescence programmée des smartphones qui vient d’être engagée sera assez longue.

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